mercredi, 17 juin 2009

En track pants

Je me suis marié.
Plus beaucoup le temps d'écrire.
J'ai mis fin à des problèmes de visa bien plus ennuyeux qu'un mariage.
Souvent, les gens au ton un peu pessimiste, arrêtent d'écrire lorsqu'ils vont mieux. Non je ne vais pas mieux. Juste pas envie d'écrire.
Et puis dans quelques années, je pourrai dire "je suis divorcé".
Un divorce, c'est de la valeur ajoutée, sur un mec assez jeune, ça fait genre, ça intrigue et c’est plus classe qu’un tatouage.

Très informel le mariage. Mes parents s’étaient mariés en perfecto à la mairie, moi je me suis marié dans mon salon en track pants. Ma femme a un oncle prêtre, il s’est arrêté cinq minutes en sortant du boulot. Un beau mariage, vraiment.

Le lendemain, je déambulais sur la rue principale de Paddington, à la recherche d’un boulot. D’un banc au soleil à l’autre. La vie à l’envers me va bien, mais me rend très pauvre. J’ai en tout et pour tout quatre milles dollars sur mon compte en banque, ce qui est normal quand on bosse seize heures par semaines. Alors je me demandais s’il n’était pas temps de donner un petit coup de collier, histoire d’économiser pour les études des enfants.

Ca me fait penser à une amie d'enfance. 30 ans, un bon boulot, des parts dans un laboratoire, propriétaire d'un appart, deux voitures, un gros voyage tous les six mois, en couple depuis des années…

J'ai une soudaine diarrhée.

Je ne sais pas pourquoi. Sur le papier, ça a l'air totalement génial. En tout cas, beaucoup mieux que ce que j'ai. Pourtant, je tremble dès que je pense à sa vie. Je suis terrorisé. Plutôt crever tout de suite que d'être fixé sur mon sort pour les 50 prochaines années. Qu'est-ce qui pourrait lui arriver d’excitant maintenant? Elle sait tout ce qu'elle va faire et avec qui. A quelques détails près, sa vie est finie. Combien d'enfants? Elle doit déjà le savoir. Leur sexe? Des filles surement, il n'y a que des filles dans la famille. Combien de gorges profondes fera-t-elle à son mari? Au climax de sa vie, elle achètera une maison à la place de son appartement. Ou est la dynamique dans tout ça? Perdre une jambe dans un accident ou être trompée par son mec, voila ce qui pourrait lui arriver de mieux, voila ce qui pourrait mettre un peu de piment dans sa vie.
Je sais. Elle n'en a pas besoin, elle est sans doute heureuse comme ça, son cerveau ne lui permet même pas d'avoir conscience de la dimension ultra merdique de sa vie. Comme 95% de la population de toute façon, tous obsédés par trouver l'âme sœur et acheter un appart. Acheter un bien immobilier devrait être quelque chose que l'on fait parce qu'on tombe amoureux d'un lieu, ou de la pensée même de ce que l'on va en faire, de ce qu'il représente pour nous et de comment on va y vivre. C'est la convergence entre une situation financière favorable et la découverte d'un lieu qui nous est cher. Ce n'est pas l'étape numéro cinq dans la vie merdique de Cynthia, parce qu'elle a compris qu'il valait mieux rembourser un prêt que de foutre l'argent par la fenêtre en payant un loyer. Pensez à ces pauvres idiots qui réunissent quelques milliers de dollars en faisant un boulot super chiant mais rémunérateur, pour enfin pouvoir faire un prêt sur 25 ans ET ensuite se laisser quelques mois pour choisir LE pauvre appartement de merde entre les quelques disponibles au moment T. Combien de personnes achètent une maison qu'ils n'aiment que moyennement? Mais après tout pourquoi pas? Puisqu'ils sont bien mariés avec une personne qu'ils n'aiment que très moyennement. Sérieusement, est-ce que la vie a vraiment pour vocation d'être aussi linéaire et grotesque que ça?

Au lycée, on avait le même niveau, on faisait parti des meilleurs élèves de cette classe européenne scientifique si prometteuse. J'étais bon et ultra sérieux. Puis j'ai compris très vite que cette vie allait me faire chier. Passer des heures dans les livres de maths, bio, physique, chimie pour toucher quelques dizaines de milliers d'euros de plus dans dix ans, à quoi bon. En une année, je suis devenu le plus mauvais élève de la classe. Ne soyons pas prétentieux, le plus mauvais ex-æquo. L'incompréhension des parents, des professeurs, des camarades. J'ai été foutu à la porte du lycée. L'incompréhension de tout un système en fait, qui ne laisse pas trop la place à l'improvisation.

Je vous ennuie là. Je vais vous parler de cul, ne vous inquiétez pas. Je vais vous raconter comment j'ai défoncé le petit cul d'une fille qui imagine que Dieu a des plans pour elle et qui, les suivant, n'avait pas eu de rapport sexuel depuis trois ans. Si l'on considère évidemment que me pomper jusqu'à la moelle n'est pas un rapport sexuel. Qui baise Keyra Augustina au fait ?

Je verse un peu dans le grossier. En ce moment, je croise une femme et je me dis : "son visage irait bien avec ma queue". Un peu comme : "ces chaussures iraient bien avec mon chino beige". La bouche des femmes est devenue un bijou, un bijou de verge. Les femmes sont des ornements de pine.

Maman serait fière de moi.

Une file d’attente à la boucherie, une nana baisable. Une file d’attente à la banque, trois nanas baisables. Un trajet en bus, neuf nanas baisables. Un hall d'aéroport, vingt et une nanas baisables. La nana baisable est mon unité de calcul. Ou étais-tu hier à quinze heures? Aucune idée. Attends, je me souviens maintenant, il y avait une blonde avec une grosse paire de seins, un débardeur bleu, un gros bracelet noir, un étal, c’était de la viande je crois, j'étais à la boucherie, voila je me souviens, j’achetais mon demi-poulet grille à la portugaise. La nana baisable est aussi un moyen mnémotechnique.

Je ne suis pas un mec très bavard. Souvent je me tais parce que je ne suis jamais certain de ce qu'il va sortir de ma bouche. Alors je la tiens fermée pour éviter les ennuis. Le silence est le seul moyen que j'ai trouvé pour réguler ma stupidité.

Je ne sais plus qui disait qu’il n’avait jamais croisé une femme qu’il n’avait pas eu envie de baiser. Un peu fort mais pas faux. En y réfléchissant, toutes les femmes ont quelque chose de séduisant, quelque chose de sexy. Ça ne veut pas dire que je pourrais toutes les baiser. Non, ca veut simplement dire que prisent dans le détail le plus strict, elles ont toutes un élément potentiellement érectile. Chez la fille moche, cela pourrait être ses mains, ses pieds, ou sa peau par exemple. Chez la fille obèse, peut-être son sourire, ses dents ou ses cheveux? Quelque chose en tout cas. Il y a toujours quelque chose de bien sur quelqu'un, il suffit juste de regarder son sujet avec attention pendant cinq minutes.
On peut aussi aborder le problème de manière inverse. Car toute belle fille a forcément un élément disgracieux. N'avez-vous jamais été dégouté par les mains de la fille que tous vos amis rêvent de baiser? Cela m'arrive tous les dix du mois. Quel drame que d’avoir envie de coucher avec une fille pendant des mois, puis quand le grand jour arrive, qu’elle s’offre enfin à vous, les jambes grandes ouvertes, vous découvrez un clito gros comme une paupiette.

mercredi, 04 février 2009

Amanda

Il y a encore 5 ans, il faisait parti des Navy Seals. Des entraînements qui n’en finissent pas à Coronado, des missions en haute mer qui se finissent mal, et un père qui claque d’un AVC, ça vient à bout même d’un gars comme lui. On le retrouve aujourd’hui à l’Opéra, spiel-baryton dans les Noces de Figaro. Heureux le bonhomme.

Il est assis à côté de moi sur la banquette en skaï, dans ce club électro, là où les mauvaises bouteilles de sparkling nous ont menés. Il y a la door bitch qui parle français, avec sa fourrure autour du cou, il y a la caissière blonde avec son tampon Marco Polo, il y a le gars avec sa petite veste velours noir badge rock’n’roll qui parle assez bien français lui aussi. Il est étudiant en business, un truc comme ça, mais il n’aspire qu’à une chose, réaliser des films d’auteur à Saint Germain des Près. Ce gars est le futur Truffaut Vénézuélien alors je le présente à l’ex force spéciale. Ils doivent avoir plein de choses à se raconter. Moi, je me fous des anecdotes d’Opéra et je me fous des histoires de Guerre. Le seul truc qui m’intéressait, c’était le process. C’était la transition de l’un à l’autre, les tracés de la bifurcation. Du fusil d’assault au livret.

Je refais un tour sur la piste pour être sûr que je n’ai rien manqué. Il y a toujours l’énorme Maori avec son petit chapeau de paille. Il sourit bêtement au stroboscope alors que son corps éclipse la moitié du club. Il y a ces petits potes qui picorent sur son dos et des petites nanas qui dansent autour de ses genoux. La table lui arrive à la cheville et ses pompes doivent être plus grandes que celles de Dikembe Mutombo. Quand j’avais quatorze ans je les avais vues en vrai dans un grand magasin de sport sur les grands boulevards. Elles avaient l’exacte longueur de mon bras. Le gars chausse du cinquante huit. Cassandra doit avoir un cul taille 24, il fend la foule sous mes yeux suivit de sa copine blonde. Je le prends en chasse. Au bar, on se dit bonjour, on se frotte un peu l’un contre l’autre en discutant puis j’en profite pour lui dire qu’elle a toujours un copain et que c’est un problème.

C’est la récession. Pour moi aussi. Il n’y a plus que des nanas moyennes qui s’intéressent à moi. Aucune méchanceté. Je ne fais qu’énoncer des faits. Ces nanas moyennes plaisent à d’autres et je suis le monsieur moyen de sans doute beaucoup de filles. On est tous le moyen de quelqu’un. Pas la peine de faire croire le contraire, il n’y a que Johnny Depp qui n’est le monsieur moyen de personne. La nana moyenne est celle que l’on n’a pas envie de baiser. C’est très simple comme classification, il suffit de tendre l’oreille et d’écouter sa queue. Elle ne vous dégoûte pas, non, ça c’est réservé aux nanas moches. Vous pourriez la baiser une fois en passant, à deux grammes cinq, mais vous ne le faites pas car vous avez choisi d’être ami avec. Elle est de bonne compagnie du moment qu’elle n’aspire à rien d’autre ouvertement et que vous êtes capable d’expliciter le « on est juste amis » avec bienséance. Il doit y avoir une douzaine de ces spécimens donc, à vouloir absolument se faire étendre et à trainer dans mes basques. Si elles se serraient un peu, elles tiendraient toutes sur une palette, je pourrais actionner les manettes du lève-charge et m’en débarrasser.

C’est souvent dans ces moments transitoires que je rencontre une fille qui va compter, avec qui je vais peut-être même former un couple. Un peu comme si la vie m’encourageait, essayait de me remettre dans le droit chemin. Je suis bien, complètement familiarisé à mon état dépressif, assez content de mon coup de poignet, jouissant d’autres activités bien plus enrichissantes, quand tout à coup, je vois ce petit minois ravissant se dégager du magma, passer la jambe par-dessus l’enclos et s’approcher de moi les bras grands ouverts. Apres, il n’y a plus rien qui compte. Je vais perdre tout mon temps à la mettre dans mon lit, la faire tomber amoureuse, puis à tout détruire doucement. La tromper aussi, bien sûr, car comme par enchantement les filles se manifestent à nouveau.

C’est beau comme tout.

mercredi, 14 janvier 2009

Prends le comme un début

Mes sentiments du jour de l’an. Minuit quarante six minutes, ivre mort, il est l’heure d’envoyer un sms pertinent à une fille de mon répertoire : « Je suis tellement bourré que je pourrais enculer un sanglier. C’est peut-être le moment que tu viennes dormir à la maison ? » Je ne réalise que le lendemain l’élégance de mon message. La salope n’a pas répondu, une fille mignonne qui confond la classe avec l’arrogance. Alors que tout ce qu’elle a de classe, c’est sa consanguinité...

Finalement l’amour n’est rien d’autre qu’une répartition globale des défauts humains. Une harmonisation des faiblesses à l’échelle planétaire. Il vous suffit de trouver la personne qui correspond le mieux à votre cahier des charges…tout en correspondant au sien. Il y avait ce couple en face de moi, l’autre jour. Elle était plutôt bonne mais avec un tarin à faire débander un centaure. Son mec, petit et chétif, n’aurait jamais pu pénétrer un corps de cette qualité s’il n’avait pas été associé à cet horrible nez. Après des années de disette, enfin pouvoir baiser une grande femme, avec un corps proche de ceux qu’il éclabousse dans ses magazines, non vraiment, le pif il n'en avait rien à cirer ! De son côté, madame avait appris à préférer l’intelligence et la sensibilité plutôt que la beauté. Pas vraiment le choix, la vue en permanence obstruée par ce museau… Ils se sont croisés, ils se sont trouvés, ils se sont aimés parce que c’était le meilleur compromis. Chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il a et c'est très bien comme ça.

Une boîte de nuit. C’est la grande déconnade, le bruit, les gens, on se pousse dans les toilettes pour rire, puis le loquet s’abat et soudain c’est le silence et l’intimité gênante. Les sourires s’effacent, les lèvres hésitent, puis les bouches s’attrapent. L’amour peut aussi naître dans ces circonstances.

Je suis assis à une très grande table recouverte de plats. Autour est assise une très grande famille, de treize mois à soixante dix ans, ça parle anglais, hébreux et français. Il y a de grands rideaux blancs accrochés aux fenêtres, des cadres dorés sur les murs et du marbre au sol. Il y a les Wiggles à la télévision pendant que je joue avec mon dernier falafel. Je me demande lequel je tuerais en premier. Peut-être bien le violet. J’hésite avec le jaune auquel il manque un front, j’aimerais faire passer sa tête à travers un mur de briques, au moment précis où il ferait sa grimace congénitale. Il y aurait le choc bref du crâne qui se fend sur le matériau, l’arrêt brutal, l’onde de choc dans mes bras, le pas en arrière, le repentir, les petits à-coups de la tête qui glisse d’une brique à l’autre, lentement, vers le sol. Je reprends une cuillère de humous. La soirée bat son plein.

J’ai beaucoup d’affection pour ces gens. C’est ma famille de substitution quand je suis de l’autre côté. Ils ne fêtent pas noël, la reine mère cuisine bien et préfèrera toujours une bouteille de Johnny Walker à un bouquet de fleurs. Aussi longtemps que l’on ne parle pas de la bande de Gaza, tout se passe bien. Et puis de toute façon les gosses déchiquetés par les missiles sont bien trop loin de nous pour que ça nous gâche la vie. Je lève mon verre à la petite dernière qui a fait sa première dent. Elle me sourit depuis son siège, en agitant ses petits saucissons roses.

Il y a une amie de la famille assise en face de moi. Une veuve de 55 ans que le temps a oublié d’amocher, du moins au visage. On se cherche depuis quelques diners. Le contexte n'aidant pas, on trouve le moyen de se croiser quelques jours plus tard, dans un mall. Le contrat est signé rapidement, nous allons chez elle. Elle a ce coupé Hyundai. Tellement laid qu’il n’a pas de nom. Comme ça les gens ne savent pas comment l’appeler et ne peuvent pas s’en moquer. C’est tout ce qu’ils ont trouvé. Quand on va sur le site de la marque, il y a du bruit autour des lettres, les mauvais pixels ont envahi la place. Ça a l’allure du site fait par un ami. Celui qui « connaît bien internet ». Et dessous, il y a écrit en gros : « True Quality Matters », avec une majuscule à chaque mot.

Pendant qu’elle me suce sur le canapé en cuir italien fabriqué en Chine, je note mentalement ces mots : casserole, quatre piles AA, désodorisant d’intérieur, lait… Je peigne ses cheveux pour lui rappeler qu’au bout de cette bite, il y a un homme qui vit. Je dégage son visage, rassemble les victimes blondes d’un balayage, puis attrape le petit palmier à deux mains. Je tiens maintenant la tête par sa poignée. Je baise sa face comme bon me semble. Si je connaissais son prénom, je pourrais me fendre d’un « Ayala, c’est bon ». Mais l’accent hébreux, l’anglais… Je n’ai pas été foutu de comprendre.

Je crois que la peur d’avoir une vie banale me pousse à ce genre d’extrémité. Je me roule dans la médiocrité dont j’ai si peur, je me frictionne le corps avec, je nage la brasse coulée dans un bain de merde. Et je le raconte, comme ça j’ai l’air intéressant.

 

samedi, 22 novembre 2008

Inti

 

« Casual sex ? »

J’ai complètement oublié l’activité qui était mienne au moment de la réception du texto. Par contre, je me souviens très bien de ma queue se réveillant en sursaut. Sortie de sa torpeur par deux pauvres mots. Même pas dans ma langue maternelle. Quand on parle de l’efficacité stylistique du minimal, on le prend trop à la légère. Judd serait fier de cette jeune recrue, passablement baisable, rencontrée il y a trois mois. Elle avait fini la nuit chez moi, mais je n’avais pas daigné y toucher. J’avais sorti le commode prétexte de l’âge « tu es trop jeune, je serais un salaud si je te baisais » et profité de la taille ridicule de la maison pour lui offrir une autre chambre. Essayant de la persuader que celle-ci était mieux parce qu'elle a un spa. Trois jours plus tard je baisais une fille de deux ans de moins qu’elle avec des jambes deux fois plus longues.

Juste pour dire.

Et la voilà soudain tout ce qu’il y a de plus désirable. Envie de la baiser comme si elle était la plus belle. Prêt à traverser la ville pour aller chercher mon cadeau. Un chèque cadeau à dépenser dans son cul. La promesse d’une bonne séance de baise sans courbettes. Séduit par le sacrifice. Celui de l’adolescente qui cède au plan baise parce qu’elle ne peut rien avoir d’autre. Elle aurait préféré une jolie histoire, un peu d’attention, des caresses. Mais elle a réalisé qu’elle n’aurait rien de tout ça, alors elle pousse les bons boutons, instinctivement, et prend ce qu’il y a à prendre. Je suis à toi, baise moi, quand tu veux, où tu veux, comme tu veux.

 

Il y aura encore un autre sacrifice tout en haut de la grande pyramide. Un sexe de plus offert au dieu soleil, en espérant que ça arrange les choses.

 

 

 

lundi, 17 novembre 2008

AA

 

La traversée du désert. Vie sociale réduite au minimum et rejet total de la moindre tentative de rapprochement génital. J'ai toujours été plus ou moins partisan du moindre effort, mais quand même, j'étais encore capable de fournir la petite poussée qui permettait d'étendre la camelote. Par les temps qui courent, il faut vraiment qu'une fille vienne poser sa chatte sur ma main pour que je commence le travail, et encore.

Dimanche soir, un restaurant, une fille assise table voisine. Après vingt cinq minutes de eye contact, la voilà gesticulant et grimaçant discrètement. Le projet de me faire venir à sa table. Pour le courage qu'un tel acte demande, dans ce genre de petit restaurant guindé, j'organise le trois trois autours de la table ronde, eux, mes amis et moi. La curiosité se change en excitation quand elle me chuchote à l'oreille que son appartement est de l'autre côté de la rue et qu’elle veut se faire baiser. Tout de suite. Dans cinq minutes tout au plus, ma bite est posée sur sa langue.

Une fille directe l'est complètement ou ne l'est pas. Beaucoup de filles se croient directes parce qu'elles peuvent te faire comprendre en moins d'une minute qu'elles désirent ton pénis. Combien sont concrètement capable de l'avoir en main les cinq suivantes? J'apprécie toujours cet aplomb, ce besoin simple et immédiat de se faire enfoncer. Ma main est glissée entre ses cuisses et je malaxe sa chatte à travers ses bas. Elle tombe à moitié de sa chaise, se rattrape à la table, le son des couverts qui s'entrechoquent fait tourner toutes les têtes. On nous propose la carte des desserts pour nous calmer, la serveuse me dévisage avec mépris, je retire mon épaule de dessous la nappe blanche en lui souriant.

Le mauvais crumble à la pomme ne fait qu’empirer les choses. J'engouffre les aliments au fond de sa bouche tout en pokant son clito avec mon pouce. Beaucoup trop de temps a passé. Le tout de suite était il y a déjà dix minutes et mon intérêt s'est déporté sur le couple qui l'accompagne. Lui notamment, est le frère d'un type dans un groupe à la mode. Il réalise leurs clips et a plein de trucs à raconter. Du coup, l'envie de baiser comme un macaque me passe complètement. Il est maintenant trop tard pour le sexe tartare qui n'est excitant que parce qu'il est complètement spontané et libéré. Il y a eu trop d'échanges dans ce groupe de six. J'ai l'impression de les connaître maintenant, comment pourrais-je baiser leur amie comme un sagouin?

Les gens qui ont eu la bonté de me sortir ce soir le regrettent un peu. C’était une soirée entre mecs, la veille d’un retour à Hong Kong pour l’un d’entre nous et ça a bien failli se transformer en plan cul dégueulasse. Ils doivent passer à un anniversaire, un collègue de boulot super sympa, le grand patron qui sera là, peut-être l'occasion d'une promotion, négociée au gramme près. J’ai la tête qui ballotte sur le cuir du siège arrière, les yeux perdus dans les néons des magasins, j'ai laissé toutes mes forces au restaurant, dans la dernière bouteille de vin et la bouche de cette fille. Je me laisse porter.

On se gare à deux pas de la maison. Pas de musique, des sombreros dans l'embrasure de la porte, c'est déjà trop pour moi, mon visage se ferme définitivement. Bonsoir, bonne nuit, je ne suis plus là. Poussé par mes amis, mon corps pénètre dans le temple de l'ennui. Des filles empâtées par barquette de cinq, plus du tout d'alcool, des nerds d'advertising company couplés à des traders en chemise rayée rose. Une grosse en sandales, avec un anneau à l’orteil, qui aurait mieux fait d’investir dans un anneau gastrique. Merci les amis. Où est le petit veinard que je lui souhaite un joyeux anniversaire? Je glisse vers la sortie. Je me faufile entre le frigo et un gros bras rond eczémateux. Je sens l’aspiration, l’air frais n’est plus très loin. A deux pas de la porte, on me parle :

- Tu es un ami de David, n'est-ce pas?
- Oui, effectivement.
- On s’est embrassé il y a six mois.
- Forcément.

Elle est grande, 5'10''. Mince. Gros seins. Vrais. Un visage singulier, avec de grands yeux ronds. Je vais rester une heure et demi assis sur le petit mur de clôture. Je regarde sa bouche articuler son anglais comme on regarde un film de Matthew Barney. Je libère quelques mots, l’embrasse et prends son numéro, cette fois.

Elle travaille dans un petit magasin de montres. Vendredi soir, je passe la voir à la fermeture. Elle baisse le store métallique avec trois doigts dans la chatte. Elle clopine jusqu'à l'étage en me traînant par la main. Je pose son cul sur une table pleine de cartons Omega où l'on baise rapidement. La table est cinq centimètres trop haute, ou mon fémur cinq centimètres trop court, en tout cas c’est insupportable. Je la repositionne à la verticale, lui montre les boîtes de montres et la fini en levrette. J’égare une goutte sur la moquette rouge. Je regarde s'il n’y en a pas d'autres, témoins de précédents matraquages, devinant déjà la mauvaise habitude de se faire défoncer sur son lieu de travail, sur cette foutue table en bois, chaque vendredi soir. Moquette muette. En confiance, je lui demande de me sucer, ce qu'elle refuse. Elle ne suce jamais après un rapport, toujours avant. Des manières de gamine de vingt deux ans, son âge.

Plusieurs jours plus tard, dans un bar énorme, des gens ivres à l’anglo-saxonne, façon dégoûtant. Ça ne tient plus debout, ça hurle, ça se bouscule. Accolades musclées, rires exagérés, yeux exorbités, talons aiguilles brisés. Il y a même une fille qui partage la pissotière avec les mecs, la jupe relevée. Karina vient de voir une jeune mère brandissant ses seins énormes dans les toilettes des femmes. Un nuage de lait dans le lavabo, un sourire niais de soulagement, un clin d’œil dans le miroir à la voisine qui répond le plus naturellement du monde, entre deux coups maladroits de eye liner. Il n’y a plus aucun sentiment de honte après une dizaine de shots. Dans cette culture plus que dans une autre. En France au moins, il y a toujours dans l’ivresse une espèce de retenue instinctive.

Un ami me présente sa sœur. Elle est tellement moche que si j’avais eu plus de poils je me serais hérissé. J’ai cette espèce de frisson qui vous fait faire une grimace malgré vous. Je l’enchaîne avec un beau sourire et il passe inaperçu. La vie doit être déjà assez dure pour elle, autant de ne pas lui rappeler une fois de plus à quel point elle est ignoble. Il n’y a que pour le frère que le handicap est profitable. Jamais un pote n’a niqué sa sœur. Jamais un pote ne la niquera. C’est du sûr. J’ai eu, il y a longtemps, un ami qui avait une sœur superbe. Il a fini par battre ses parents avant d’être enfermé. Un garçon intelligent, sensible, qui avait une sœur un peu trop belle et conne. La voir se faire déboîter par tout le village a été trop dur pour lui. Les femmes ne mesurent pas la portée de leurs actes. Elles ne méritent pas la beauté qui leur a été offerte. Elles jouent avec de manière complètement irresponsable, elles brisent le cœur des hommes depuis la nuit des temps. Le cœur de leur père, de leur frère, de leur ami, de leur amant.

 

samedi, 20 septembre 2008

SE7EN ELE11EN

Je viens de manger un steak à 7 dollars et je ne sais pas très bien où je suis, près du CBD je crois, dans un bar avec des paysages italiens peints sur les murs. La Toscane à la gouache et Venise au pochoir. Isolé dans l’arrière salle pour ne pas avoir à supporter le regard des gens, j'entends des instruments s’accorder. Un plat et un concert de jazz pour quatre euros. C’est un peu le rêve américain façon hémisphère sud. Les musiciens ont un drôle d’air et sont accrochés à leurs instruments comme à une bouée de sauvetage. Ils sont aveugles. La pianiste n’a pas de Ray Ban et je n’arrive pas à regarder autre chose que ses yeux décédés, plus animés que des yeux en vie.

Mon flirt du moment vient d’une famille qui élève des chevaux de course. Elle a un grand père qui est mort en France dans des circonstances pas très claires. Une chute mortelle pendant une course de chevaux à Maison Laffitte. C’était un sept novembre, il courait sur le cheval numéro sept, appelé Lucky Seven. Elle parle un petit peu français et elle m’a avoué qu’elle espérait un jour aller en France pour faire des recherches sur cet accident, interroger certaines personnes. Il y a quelques années, un lundi sept, elle a été victime d’un accident de voiture dans lequel elle a failli perdre la vie. La police a compté sept tonneaux. Elle-même est gênée quand elle le raconte.

On est sorti de l’hiver il y a onze jours et il fait trente et un degrés.

Le bonheur est au coin de la rue, matérialisé par du sable blanc, des vagues et un ciel toujours bleu. On s’en contenterait presque et le niveau d’exigence dans tous les domaines de la vie est réduit à néant. Vivre au soleil et sur la plage c’est un peu tirer un trait sur ses rêves matérialistes irréalisables. C’est se soumettre à la facilité évidente de la vie. Cette espèce d’autosatisfaction baba cool de merde qui vous gagne forcément. Vous n’allez pas forcément lire du Naomi Klein ou vous acheter des balles de jonglage, mais quand même, vous êtes maintenant presque capable d’accepter votre vie, telle qu’elle est. Un jogging pieds nus sur la plage. Chaque foulée entame un peu votre voûte plantaire, votre prétention et votre ambition. Le parcours initiatique de la plage, à coup de soleil et de vagues. C’est comme percer le mystère du petit angolais heureux de courir après le pneu.

Je ne parle pas des deux semaines de vacances sur une plage aux Maldives. Du deuxième jours au Club Med, lorsqu’on lâche le ridicule : « ah la vraie vie ! ». De la fausse sensation de retourner aux sources et surtout de cette espèce de chafouinerie dégueulasse : « pourquoi je ne resterais pas ? », la feinte hésitation d’avoir la force de changer sa vie.

Non non. Je parle de réellement vivre à la plage et au soleil, toute l’année. La plage plus de deux mois dans l’année. Une proximité qui permet d’y aller chaque jour, même pour une heure. Pas seulement le week-end en prenant la voiture. 

 

mercredi, 20 août 2008

O'Hara

J’ai donc attrapé le premier train de nuit. Celui qui ne s’arrête que quand on est vraiment écoeuré. Celui qui n’a pas de wagons lits, juste un bar. Il vous fait voyager jusqu’au fond. Le terminus est minable, sordide comme une vieille gare de campagne. Le froid, la brume et la solitude.

Une soirée hip hop. Le genre de soirée où tu observes ton environnement qu’à travers le fond de ton verre. Tu trembles quand ton verre approche de la fin, parce qu’il faut aller au bar, communiquer, regarder la réalité en face, dans toute sa splendeur. Je ne l’aime pas trop. Vous savez ces gens qui tapissent les murs de nos soirées ? Ces nuisibles qui encadrent notre espace de danse. Ils me dégoûtent. Elle fait des appels désespérés en usant de toute sa vulgarité, il enfonce ses yeux vicieux dans la bassine d’oestrogènes. Lui me navre davantage, car sa passivité fière réduit ses chances à néant. Elle au moins, sait qu’elle se fera toujours ramener par quelqu’un. Les filles sont moches, les mecs ont des baggies et des casquettes, la musique à un bpm qui fait baisser ton quotient intellectuel. Alors tu plies tes jambes, bouges tes pieds, agites tes bras, fermes les yeux et regardes la musique. Enfant du beat, regarde la bien en face. Tu contemples l’infra basse qui se diffuse entre les jambes des nanas, passe entre les chaînes, rebondit contre un sein, s’engouffre dans un sceau à champagne, explose en tapant contre le plafond puis disparaît. L’onde suivante me montre une brune très mince dans un jean noir qui ondule à ma droite. Ondule bien. Elle vient vers moi, je n’ai plus qu’à lui proposer ma langue. Elle la suce comme un Menthos.

Max fait ses lignes avec sa carte vitale. Il fait mine de s’étonner quand elle ne passe pas dans le lecteur de son médecin généraliste. De toute façon nous ne sommes pas en France, donc elle ne lui sert qu’à ça. Et puis c’est toujours plus classe qu’avec une carte de vidéo club. J’aimerais bien rencontrer une maman qui fait ses rails avec la carte Disney Club de sa fille. Des parents cool c’est bien.

Chris est un ancien joueur de rugby professionnel. Il est une véritable star locale. Les jeunes le vénèrent, les vieux le respectent. Non pas à cause de son étourdissante capacité à écraser un ballon ovale derrière une ligne, non, juste parce qu’il a réussi à boire trente neuf canettes de bières pendant un vol Sydney Bali. Une bière toutes les dix minutes pendant sept heures.

Je libère ma langue et je file en taxi vers King Cross. Il y a un nouveau club qui vient d’ouvrir, grand comme la moitié du Baron, mais les filles y sont plus grandes et la musique y est meilleure. L’entrée est au fond d’une impasse très sombre dans un quartier très douteux. Il n’y a pas de bouncer, il y a un digicode. Tu as le code, tu rentres, tu ne l’as pas, tu rentres chez toi. Le simple fait d’être à l’intérieur fait de toi l’homme le plus désirable de tous les temps. Ce club est une espèce de Miranda Kerr avec des briques. J’en ressors avec une brune à frange qui me casse les couilles avec ses histoires de fashion week à New York, de fashion week à Milan, de soirées folles à Portofino avec Lapo Elkann, son pote de longue date. Je n’ai pas une millimètre d’admiration pour tout ça, et je ne suis pas très impressionné par un mec qui finit ses nuits avec de vieux transsexuels ectoplasmiques.

Je la baise négligemment sur son canapé en regardant le soleil se lever sur la baie. Je n’éjacule pas, je n’éjacule plus à sept heures du matin.

Ma déconstruction, entamée il y a un an, touche à sa fin. Je n’ai plus de responsabilité, plus d’argent, plus de compte en banque français, plus d’assurance santé, plus de feuille d’imposition, un job minable très mal payé, les cheveux et la barbe plus longs que jamais.

Le rubik’s cube de ma vie a été longuement mélangé. Il est temps d’en rassembler les couleurs.

mardi, 08 juillet 2008

Für Elise

J’étais au téléphone avec elle depuis une heure. Etendu sur mon lit, je lui expliquais que j’avais essayé de garder l’odeur de son sexe sur mes doigts le plus longtemps possible. Au moins assez longtemps pour en jouir pendant notre conversation téléphonique. Puis j’ai réalisé que je n’avais plus envie de lutter contre l’Autre. J’en avais ma claque de cette guéguerre des sentiments, au début un jeu excitant, mais maintenant un véritable chemin de croix qui n’avait plus lieu d’être, tant notre entente était miraculeuse. Cela faisait des mois que ce jeu avait commencé et j’avais renoncé aux autres femmes depuis bien trop longtemps. Mon amour pour elle aurait pu être immense, mais il était trop tard, trop nous séparait, c’était maintenant mon tour d’en être persuadé. Comment pouvait-elle aimer cet autre homme ? Elle avait mis sa vie entre ses mains et je ne le comprenais pas. Je ne l’acceptais pas. J’avais tenté de la libérer de son aliénation ridicule, j’avais tout essayé, de toutes mes forces. La conviction de mon amour parvenait régulièrement à l’atteindre au plus profond d’elle-même. A l’endroit même où quelques résidus de lucidité reposaient tranquillement, dans l’attente d’une libération prochaine. Des larmes apparaissaient alors au coin de ses yeux. Des larmes de désespoir, témoins de la lente agonie de notre amour, étranglé par les mains de cet homme si puissant, si obsédant, si rassurant. Il avait été là au tournant de sa vie, il l’avait aidé à oublier un passé douloureux et à croire en un futur merveilleux. Il était la promesse d’une vie sans peurs et interrogations. Il incarnait l’amour et l’espoir. Comment pouvais-je lutter? Chaque fois qu’elle se donnait à moi, la culpabilité la rattrapait et me l’arrachait. Bloquée dans sa bulle, Elise n’a pas pu attraper la main que je lui tendais.

Le libertin que je suis s’est amouraché d’une fille qui n’aime que Jésus. Dieu, petit enculé, tu me pousses encore une fois vers le péché.

mercredi, 04 juin 2008

The Nutcracker

J’ai fréquenté le temps d’une soirée une danseuse de ballet de la compagnie de danse du coin. J’avais le cœur qui accélérait à chaque fois qu’elle me dépassait de quelques mètres dans la rue. Elle portait ce jean slim noir et un petit cardigan très serré. Je m’imaginais déjà tambourinant l’air de Casse-Noisette sur son cul complètement dingue. J’aurais pu lui bouffer le cul dans la rue, sur le premier banc venu. Vous savez cette façon agaçante qu’ont les danseuses d’envoyer la jambe avec élégance quand elles marchent, même au quotidien? Elle faisait ça tout le temps. J’étais le témoin d’un spectacle musculaire obscène. Le muscle principal de sa cuisse qui se tend et forme une courbe bouleversante. A chaque fois, j’attrapais mentalement sa cheville, levais sa jambe et mordais son mollet jusqu’au sang. La seconde suivante, elle avait les jambes derrière les oreilles et je lui enfonçais mon vis droit dans les entrailles.

Elle avait aussi un front immense avec des cheveux raidis très disgracieux. Elle avait un nez dans la même veine et surtout il y avait la menace du six pack qui flottait dans l’air. Les danseuses professionnelles ont deux défauts : trop de relief sur le ventre et pas assez sur la poitrine. L’hésitation grandissante, verre après verre. Les multiples baisers nécessaires à l’abordage de la sympathique levrette me semblaient insurmontables.

 

 

dimanche, 25 mai 2008

La combine de la trombine / Part II

Quelques délits de faciès plus tard, j’ai mes 25 potentielles femmes parfaites et leurs adresses. Je n’ai plus qu’à me mettre en poste et à observer. Je travaille douze heures par semaine en ce moment, ce qui me laisse plutôt pas mal de temps. Largement assez pour jouer à ce jeu pervers en toute tranquillité.

Ce jeu qui était si facile dans ses premières étapes s’est avéré être franchement impossible par la suite. En deux semaines de planque, je n’ai pas réussi à trouver une seule de ces filles. Je m’y attendais un peu, l’adresse du domicile plutôt que le lieu de travail, la vieille photo d’identité sur laquelle on est souvent méconnaissable, le tout dans une ville de quatre millions d’habitants en perpétuel mouvement. Et surtout je ne suis toujours pas assez malade pour m’enfermer dans une voiture stationnée en face de leur domicile vingt quatre heures sur vingt quatre, la méthode et la rigueur ne m’étoufferont jamais.

Jour 18 des recherches, la chance se manifeste. Je constatais les terribles conséquences de plusieurs années de débauche sur le cul de Mischa Barton, zoom sur sa cellulite extraordinaire en couverture, quand la porte du café s’ouvre.  La rue énervée qui s’invite me fait lever les yeux machinalement, et là je vois mon sujet numéro douze se trémousser jusqu’au comptoir et commander un long black coffee. Tout à fait baisable est mon premier pronostique. Je plie bagage rapidement et l’intercepte à sa sortie en l’appelant par son prénom.

Je lui rappelle que l’on a des amis en commun et que l’on s’était croisé à l’occasion d’un anniversaire. Elle a l’air pressée mais puisqu’elle sourit je lui redemande où elle travaille et lui propose de la déposer en taxi, puisque bien évidemment je vais dans la même direction.

La course dure treize minutes, juste le temps de la faire parler, rire et noter son numéro dans mon téléphone. Le sujet numéro douze est d’origine belge et vit ici depuis deux ans. Elle est PR dans une boite de COM comme des centaines de nanas baisables dans cette ville. Elle bosse sur des évènements de MERDE pendant toute l’année et quand la fashion WEEK débarque en ville, elle peut parfois aller à des soirées VIP à la con et faire croire qu’elle a une boulot passionnant. Mais elle est baisable, c’est mon « point » comme ils disent.

Jour 23 des recherches, je reprends contact et l’invite à une soirée. Elle accepte.

Jour 23 des recherches + 3 heures, je la baise sur le coin de son canapé.

Jour 23 des recherches + 4 heures, elle me suce dans la cuisine.

Il n’y a pas eu d’étincelles quand je l’ai pénétrée et mon cœur ne s’est pas arrêté quand j’ai éjaculé dans sa bouche. Il va encore falloir trouver autre chose.

 

 

samedi, 17 mai 2008

La combine de la trombine

J’ai une nouvelle obsession. Trouver et me taper une femme née le même jour que moi. J’imagine une espèce de connexion astrale extraordinaire, une complicité parfaite entre deux êtres parfaits qui engendreraient des gosses parfaits que l’on ferait naître à la même date. Pourquoi pas. En numérologie, ma date de naissance se traduit par le nombre le plus puissant, le nombre de ceux qui dirigent le monde.

Pour le moment, je ne dirige même pas ma queue, qui se montre de plus en plus capricieuse. Je baise une fille, deux trois fois, puis c’est la grève. Je blâme ma verge parce que c’est plus facile. Elle a bon dos. C’est un peu comme si ce n’était pas moi. Evidemment le problème se situe davantage au niveau de mon cerveau perverti par des années de pratique sexuelle acharnée. Qu’est-ce qu’il me faut maintenant pour avoir le barreau ? Un mannequin brésilien doré et cambrée ou une suceuse chevronnée parfaitement gaulée. Bon anniversaire. Le mannequin d’Amérique du Sud sera d’ailleurs également une suceuse invétérée et la suceuse chevronnée sera d’ailleurs aussi bronzée qu’un mannequin d’Amérique du Sud. Vous commencez à cerner le problème.

Alors me voilà, payant un bon dîner à mon ami du consulat, pliant en quatre la liste de toutes les étrangères – c’est tout ce qu’il a pu obtenir – nées le même jour que moi et vivant dans cette ville. Je glisse l’origami dans ma poche intérieure en souriant et pensant déjà comment obtenir la même liste pour les locales. Plus tard dans la soirée, je raye les noms de la liste qui sonnent comme incompatibles avec mes goûts. Ami avait pris soin de trier par âge, 20-45, avant de me confier la liste. Je lui avais demandé de faire une sélection tenant également compte du poids mais il m’a répondu qu’il ne bossait pas pour meetic. Je n’ai pas insisté. Je me retrouve donc avec une sélection de 256 femmes. Le vendredi soir suivant, je passe à son bureau et pendant quelques heures je parcours leurs photos d’identité...

mardi, 13 mai 2008

Sophie

La répétition des évènements d’une soirée à l’autre va provoquer l’ennui presque instantanément. Voilà pourquoi tous les moyens sont bons pour y échapper. Je regarde autours de moi et je constate à quel point le dosage des artifices a évolué en quelques semaines.

A la hausse bien entendu.

Certains ont même carrément la main lourde. On se réveille aux urgences sous perfusion sans vraiment savoir ce qui nous y a amené. Plusieurs nuits blanches, puis un footing désespéré à six heures du matin en rentrant de club pour essayer de se faire dormir. Logique quand on se poudre le nez comme un malpropre dans la précipitation à la fermeture des clubs. Se faire sucer par une vieille prostituée alors que la copine attend à la maison. Se faire casser la mâchoire dans la rue par un inconnu. Et bien entendu, jongler avec les filles, ou les mecs, au choix. En vingt quatre heures, de nos jours, votre copine peut oublier que vous avez embrassé une fille devant elle, puis couché avec la fille sans beaucoup plus de discrétion. Elle se fera quand même prendre en levrette le lendemain, en récitant sa leçon apprise sans doute dans quelques pornos américains. Peu importe ce que vous avez fait, car de nos jours, plus rien ne compte vraiment. Elle fait sans doute la même chose de son côté, alors pourquoi se tracasser plus que ça ?

Je préfère avoir une fracture du crâne plutôt qu’une blessure grave du genou. Je ne cours pas sur mon crâne. Déclaration de joueur de rugby League. Le genre de star locale à gros rendement en matière de femme, mais qui, dieu merci, n’est pas payé aussi cher que nos mongoliens à nous, ceux de l’uefa. Mais pas la peine d’être une star du sport pour enfiler des perles en quantité industrielle. Le meilleur exemple est Jason l’électricien. Je n’ai jamais vu un type avoir autant de succès avec les femmes. Il fait l’unanimité. Tout le temps. De partout. Avec n’importe qui. C’est comme ça. Les filles font la queue pour se faire déboîter. Il n’est pas rare qu’il se tape deux trois filles par soirée. Et toujours des modèles de compétition.

Sincèrement, c’est assez incroyable. Il n’est pas riche, il n’est pas célèbre et pour être honnête, il n’est pas forcément le plus bel homme que je connaisse. Mais il faut croire qu’il est exactement ce que toutes les filles recherchent. Ni trop, ni moins. Le parfait cocktail aphrodisiaque. Dimanche soir, j’avais envie de crier : « Que celles qui ne se sont pas encore faite niquer par Jason se mettent sur la gauche, merci… » Histoire de pouvoir faire mon marché en connaissance de cause. Bientôt, pour ne pas passer après lui, la seule solution sera de s’envoyer une moche. On a des rapports assez cordiaux, même si dans le fond on ne s’aime évidemment pas. Je suis un ami de sa sœur, et non pas le sien. Il ne sait pas trop comment dealer avec le français lâché au milieu de son cheptel. Il n’est pas habitué à mon style, mes manières, il a parfois du mal à comprendre mon accent et n’arrive surtout pas à me cerner. Même si je n’ai encore jamais touché une de ces copines, il sent que je les attire et me tolère donc de plus en plus difficilement.

La soirée commence tranquillement dans ce restaurant au bord de l’océan, des bougies, la brise qui caresse les nappes blanches, les cocktails à base de champagne qui s’entassent sur le comptoir, les culs taille 1 qui s’entassent sur les banquettes et les joueurs qui prennent position autours des cibles. Jason, qui a viré rock’n’roll skinny jean blouson en cuir en moins de trois semaines, est sur la droite du ring avec les filles assorties. J’occupe la gauche, abusant de mon accent sur un petit groupe de quatre. J’essaye de faire rire une grande brune, ex mannequin qui a réussi sa reconversion que très moyennement. Sa grande beauté a du mal à cacher son immense détresse. La fêlure non dissimulable de la femme célibataire qui a passé la trentaine, lassée par les plans baise sans lendemain, les relations longues qui n’aboutissent jamais et le tic tac insupportable de son horloge biologique. J’avoue être complètement charmé par ce genre de filles. Belles et tristes. Le petit côté dépressif m’excite complètement. En fait, il ajoute une certaine profondeur à la personnalité de ces filles pas forcément très intéressantes. A sa droite, il y a une suédoise avec le sourire aux lèvres. Son père est à moitié français je crois, alors son sourire s’élargit à chacun des mots que je prononce. En règle générale, je hais les tâches de rousseurs ailleurs que sur le nez. Chez elle, j’adore. Je découvrirai quelques jours plus tard que la constellation s’arrête sous ses seins, ses reins, son cul et ses jambes sont totalement vierges. Il n’y a pas de dégradé, la démarcation est nette, comme si elle avait été trempée dans un bain révélateur, de la tête à la poitrine, pendue par les pieds. Les verres se vident et les corps commencent à s’enlacer. Je surprends Jason aux toilettes avec une des filles, je le vois en mettre une autre dans un taxi, et c’est une troisième qui l’accompagne quand on migre vers cette maison où l’on finit la nuit. De mon côté, j’ai embrassé cette fille dans les toilettes du restaurant parce que je ne savais pas trop quoi faire entre deux Bellini. Certains envoient des sms avec leur téléphone dès qu’ils se retrouvent un moment seuls en soirée, moi je vais rouler des pelles à une inconnue. J’ai complètement négligé la grande dépressive parce que j’étais bien trop occupé à jouer avec la suédoise. La main dans les cheveux, la main sous le tee-shirt, la main dans le pantalon, ses coordonnées dans mon téléphone et la fin de soirée avec une troisième, avec qui je passerai un moment dans la salle de bain de cette maison. Puis elle ira s’endormir sur un lit quelque part. Je quitte alors les lieux, raccompagné jusqu’à la porte par Jason, comme s’il avait soudain décidé de prendre soin de moi. Une poignée de main est même échangée, beau match ce soir, bien joué, félicitation. Je comprendrai quelques jours plus tard que cette escorte inattendue n’avait en réalité qu’un seul but : s’assurer que je rentre seul, notamment sans cette fille, une de ses ex, encore chère à son cœur.

mercredi, 02 avril 2008

Au fond des femmes. Pour ceux qui y vont.

Ca va mal là-bas. Il y a cette fille qui était PR chez Dior, qui rêvait luxe façon Carine Roitfeld. Arriviste de première avec des dents qui n’avaient pas été désincrustées du parquet depuis des lustres. On souriait fièrement en s’inscrivant sur une liste chez Hermes pour avoir l’honneur d’échanger cinq mille euros contre du cuir à bandoulières et on pleurait parce que la vie est trop injuste dans la mode. Pressée comme un citron, elle a décidé de vendre des pizzas à Marseille. Un camion, de la farine et un beau tablier.

Je crois que je l’ai baisée en 2002, à l’arrière d’une Twingo. Elle avait le cul un peu bas mais j’avais senti un truc en elle. Pas le col de son utérus, non. Elle avait simplement le caractère et l’originalité nécessaire pour être une fille intéressante.

Plus généralement, à chaque fois que j’appelle la France, c’est la même rengaine. «Oh tu sais, ici ça va mal, le moral est au plus bas, tout le monde en a marre». Oui mais, avez-vous essayé de faire quelque chose de différent ? Un truc con, comme changer de ligne de métro le matin pour aller travailler ? Si tu te sortais les doigts du cul et que tu plaquais ta grosse, ne penses-tu pas que la vie serait un peu plus légère ? Plaque ta grosse, plaque ton boulanger, plaque ton boulot ou plaque ton pays. Souris à la première personne que tu croises le matin en sortant de chez toi. Baise la première salope qui frôle ta braguette. Pisse dans le cendrier et achète un livre au hasard. Mange ton tiramisu avec les doigts et paye ton loyer avec quinze jours de retard.

Il y a cette pub avec une gamine qui lave un labrador dans une bassine. Elle me fait penser à mon agent immobilier en sabots. Il y a sept ans, j’arrivais à Paris et je rencontrais cette femme qui vendait un ou deux appartements par an. Dans le sixième. Bossait deux trois jours par semaine, puis partait rénover son énorme ferme à deux heures de Paris. Des chevaux, des poules, des canards, des oies, des chiens, des lapins, un âne, un poney et des dindons. Un retour en arrière de cent ans. On se douchait à l’eau froide et au petit matin, au milieu des champs, on apercevait des cerfs flirter avec la brume. Moi, je flirtais avec sa fille aînée qui avait une gamine de 3 ans. C’était elle la petite fille à la bassine. On faisait des dessins au coin du feu pendant que mon pote essayait de dépuceler la fille cadette.

 

Ces trois femmes et demi et la façon dont elles conduisaient leurs vies m’ont plus appris sur mon futur que n’importe qui d’autre.

 

jeudi, 20 mars 2008

Le Phoenix dans les nuages, le poisson sur le goudron

Encore un ascenseur. Celui-ci me mène au meilleur pancake à la mangue de l’hémisphère sud. Je partage l’ascension avec un couple qui me rappelle que la nature est bien faite car il y a un public pour chacun. Ce type a l’air complètement fou de cette fille à qui je ne pourrais même pas faire un baisemain. Elle me dégoûte et je ne sais pas vraiment pourquoi. Sans doute cette peau laiteuse. Un frisson remonte mon corps et je retiens avec grande peine le mouvement de tête qui le ponctue. A la place, je forme un N avec mes lèvres.

Je déjeune avec une amie qui me raconte sa dernière love story. Une belle histoire d’amour à trois entre elle, un playboy et un gode. Un joueur de foot obligé d’instrumentaliser pour satisfaire sa partenaire. Il sort son outil au premier rendez-vous puis sanglote au second. Il serait de bon ton d’arrêter la dope ou simplement de sortir du placard, c’est selon, je n’ai pas le plaisir de connaître le spécimen.

Tous nos poissons sont mort parce qu’un fils de pute s’est amusé à mettre de la coke dans l’eau. Ce matin, je descends les escaliers, pénètre dans la cuisine et constate que toute la population de l’aquarium fait la planche. Seul le petit vert est posé au fond sur son flanc droit. Mon coloc a invité quelques amis et voilà le travail. J’attrape le tout, sors sur le balcon et lâche l’énorme bocal sur son Range Rover garé en dessous. Le pare-brise n’éclate même pas comme dans les films. Les poissons glissent lentement sur le capot, pas de dernier frétillement dramatique, l’eau goutte tristement sur le goudron.

Je déménage.

mercredi, 12 mars 2008

Limbo

Cela faisait un moment que je n’étais plus passé sous la barre des vingt. Involontairement, je tapais dans de la came vingt-cinq trente cinq.

Baiser une gamine de dix huit ans c’est comme aller en week-end chez maman. On est détendu, confiant, confort, on retombe un peu en enfance, on se surprend même à jouer un peu avec les peluches. C’est plaisant. Cependant, on a jamais canonisé un homme qui n’a pas cinquante ans parce qu’il a tringlé une majorité printanière. C’est trop facile. Nous sommes très enclin à admirer la vieille paire de couilles pendantes qui claque paternellement sur le petit postérieur rosé dont la fermeté et l’élasticité indique qu’il n’a pas encore atteint sa vingtième année. C’est fou comme ça nous touche. Ca impose même le respect. Par contre, vous n’avez pas trente cinq ans, allez vous balader bras dessus bras dessous avec Lolita et vous verrez le résultat. Voilà pourquoi je préfère bien souvent une bonne branlette dans une vieille radasse plutôt qu’une nuit d’amour dans les bras d’une adolescente. Et puis aussi parce que ça fait plus de choses à raconter.

Non, je dis des bêtises.

Se branler dans une femme, exemple : "je me suis branlé en elle…", le Climax de l’égoïsme sexuel, la déshumanisation de sa partenaire, qui a autant de valeur qu’un gant de toilette un peu humide, un peu chaud. Et bien cela m’est impossible. Même avec la dernière des traînées, vous savez celle que l’on déglingue après un séjour en prison à Nairobi? Et bien même avec elle, j’essaye d’être bon. Je suis bien trop fier et prétentieux pour me laisser aller à de la masturbation in utero.

lundi, 10 mars 2008

On est rassuré

Elles sont passées me prendre samedi en fin de matinée. On a roulé trois heures vers le nord. Elles ont parlés trois heures sans s’arrêter. Des trucs de filles, complètement anodins, mais croyez-moi, avec l’intonation, le body language et le capillo-jeté, on aurait pu croire qu’elles avaient été témoins de la dernière nuit de Heath Ledger.

Elles piochaient des bonbons dans les paquets colorés avec leurs longs doigts manucurés, rehaussaient leurs Aviators sur leur petit nez et jouaient avec les vitres électriques. Un bonbon bleu étranglé entre des ongles rouge, un reflet qui peint une pommette en vert et des cheveux fins qui virevoltent puis retombent sur des épaules dénudées. Un sourire, des dents parfaites, j’aperçois une langue, elle remonte son soutien gorge, je lui ouvre sa bouteille de Coca, Do you have a girlfriend ?  Je raconte un bobard en essayant de parler assez fort pour couvrir une mauvaise chanson à la radio. L’une est en photo sur une pochette de disque. C’est une compilation de lounge music vendue dans le monde entier. L’autre bosse pour une boite d’édition. Je suis tombé malade avant d'avoir le temps de tenter un rapprochement avec miss monde. J'ai vomi sur les palmiers depuis le balcon. J’ai été minable avec ces filles et il me semble que ça devient une habitude. Je me laisse aller et je traverse des étendues couvertes de femmes en marchant au ralenti, les mains dans les poches, le regard dans le vide, en me demandant pourquoi les gens achètent des BMW. J’ai un ami qui a une série sept. Il a toujours un sac de couchage dans le coffre et un costume propre suspendu à l’arrière. Le samedi soir, il va en boîte avec sa péniche à roues, se torche la gueule, puis va se garer sur le parking de l’église où il dormira quelques heures avant d’aller à la messe avec papa et maman. C’est le moyen le plus sûr qu’il a trouvé pour ne pas rater l’office du dimanche matin. Apparemment ça compte beaucoup pour ses parents, et il ne voudrait surtout pas froisser les propriétaires vieillissant d’un patrimoine immobilier estimé à deux cent millions de dollars. C’est la seule erreur stupide qu’il ne fera jamais. Tout le reste, il l’a fait.

Mon colocataire, quant à lui, est finalement blanc comme neige.

 

 

 

mardi, 26 février 2008

La décoration est mortelle

C’est un peu parti en couille. Cette association professionnelle très passionnée entre ces deux amis gays vient de se finir en meurtre. Enfin, pour le moment les flics n’ont pas encore embarqués celui qui n’est pas mort. Impossible de savoir ce qui s’est passé. Les versions varient en fonction de la forme de la bouteille. Un jour il a trouvé le cadavre de son associé dans le show room en arrivant le matin, un jour il l’a un peu bousculé avant de l’accompagner à l’hôpital pour une légère commotion. La version scotch est plus savoureuse que la version bière, évidemment.

Etant son colocataire, je pense être fixé rapidement.

 

 

vendredi, 22 février 2008

North Shore

La semaine a été calme. Vendredi soir, j’ai couché avec cette fille une peu insipide mais qui suçait très bien. A vrai dire, elle branlait surtout très habilement. Il y a sans doute eu dans sa vie cet homme consciencieux qui lui a appris comment marche une verge. Soir après soir, sur le canapé, sous la douche, sous les draps, il a inculqué le bon rythme à son poignet, imprimé la juste pression à sa main. Une belle éjaculation en guise de médaille. Finalement assez peu de femmes rencontrent un mentor de la branlette. La majorité d’entre elles traite notre bite comme un flacon de shampoing presque vide dont on veut extraire absolument les dernières gouttes.

 

Cela devrait être un passage obligé pour toutes, un rite d’initiation, le passage à l’âge adulte. Une femme qui ne sait pas utiliser une queue avec sa main ne devrait jamais se marier, se reproduire, trouver un emploi. Bien sûr, je préconise la même chose pour les hommes qui auraient omis de lire le petit manuel du roulage de bille. C’est tellement pathétique de ne pas savoir quoi faire du sexe de l’autre...

 

J’éjacule un peu sur son visage, un peu sur sa main, un peu sur mon ventre. Je fini d’essuyer ma queue sur sa serviette de toilette dans la salle de bain. Je dois me sentir coupable parce que je lui donne mon numéro. Je ne sais pas, peut-être inconsciemment je sais déjà que je vais revenir me faire traire. Pourtant sur le moment, j’ai envie de ne jamais la revoir. Peu importe, il y a bien longtemps que je me suis habitué à mon incohérence, je vis avec, je compose avec.

 

Samedi soir, je baise mon estonienne alcoolique. Elle se comporte comme une gamine de dix ans sauf qu’elle a passé la trentaine. Elle vit comme une gitane dans un appartement de trois cent mètres carrés et elle boit des bouteilles de vin rouge à cent dollars avec de la limonade parce que le vin ça a mauvais goût. Moi en tout cas, j’ai pris goût à son petit cul que je défonce une fois par semaine. Ensuite, j’attends qu’elle aille pisser, comme ça je peux regarder son postérieur et ses longues jambes bouger vers la salle de bain avec sa démarche tordue que je qualifie de « japonaise ». Je ferme toujours les yeux quand elle revient parce que je ne supporte pas sa poitrine que je qualifie d’ « inexistante ».

 

Dimanche, repos, je bois quelques verres avec des amis en regardant passer les bateaux dans le port. Je ne comprends pas pourquoi mon degré de tolérance avec les gens qui s’habillent mal est si faible, alors qu’après tout on ne parle que de putain de bouts de tissu.  Mais c’est physique, c’est irrépressible, je ne les supporte pas. Je préfère me retrouver dans une baignoire de serpents que dans une pièce de ringards. Ce type là, avec ses fausses chaussures italiennes en cuir synthétique, il est en train de gâcher mon après-midi. Italiennes pourquoi d’ailleurs ? Parce qu’elles sont affreusement vulgaires ou parce qu’elles sont aussi longues qu’une gondole ? Faudrait qu’on redéfinisse ce qu’est une chaussure italienne. En quelques décennies, la chaussure italienne est passée du mythe à l’excuse. De la classe absolue à : « mes chaussures sont ignobles, oui mais elles sont italiennes… ». Et son costume gris clair à rayures blanches doublé de soie turquoise…Dois-je vous faire un dessin ? Si encore sa discrétion équivalait son manque de goût. Mais non, il est bruyant.

 

J’abandonne et je renvoie mes yeux vers l’eau, où les mouettes se disputent une frite. Le temps est magnifique, il fait chaud, nous sommes en tee-shirt. Devant nous, la baie, les buildings, les yachts, le pont. Je noie une fois de plus mes angoisses et ma colère dans l’océan, et parce que ça marche, je ne rentrerai pas.

 

 

jeudi, 14 février 2008

J'ai ouïe dire

C’est parce qu’elle a déclaré que je n’avais aucune chance de la baiser que j’ai employé toute mon énergie à la draguer. Et aussi parce qu’elle a une bouche plus large que mon point, mais ça c’est secondaire.

 

Quand je dis toute mon énergie, je veux dire l’équivalent du régime minimum d’un homme ordinaire. Car en plus d’être feignant, je suis très fier et surtout je n’ai aucune patience. Donc en fait, même avec tout mon bazar tournant à plein régime, avec la meilleure des volontés, un gramme d’alcool et la plus belle des femmes, je fais toujours que très peu d’efforts. C’est pourquoi je dois être efficace et impactant. C’est quête d’efficacité m’a souvent poussé à adopter une conduite extrême et à faire des choix tactiques stupides. Je me mets rapidement à découvert, ce qui n’est jamais bon, même en jean plutôt qu’en treillis, ou même avec sa bite à la main plutôt qu’un AK47. Je suis un peu déconcertant, surtout pour mon cœur de cible : la conne dont la masse graisseuse est proportionnelle au quotient intellectuel.

Evidemment, ce comportement remporte un franc succès avec la femme un peu plus évoluée, celle dont le nombre de neurones permet une lecture de la vie à degrés multiples ou que l’originalité excite plus que n’effraie. Mais l’évidence est que, dans ce pays, les plus belles femmes sont très bêtes. Il faut donc que tout se déroule comme dans la dernière comédie romantique américaine. La moindre entorse au scénario appris par cœur depuis la tendre enfance est synonyme d’échec. Ici, la carte du tendre a été reconstituée à partir de découpages de magazines. Vogue, OK!, Fortune et CosmoGirl.

J’ai donc payé une boîte de cigares au frère cascadeur de David. Comme prévu, il nous a retrouvé, Nicki et moi, à la sortie d’une boite de nuit. Comme prévu, il m’a demandé du feu. Comme prévu, il nous a suivi et a attendu une ruelle calme. Comme prévu, il a fait mine de nous agresser. Et comme prévu, je lui ai cassé la gueule. La seule chose que je n’avais pas prévu, c’est sa réaction. Elle a tellement adoré le coup du loubard, que j’ai vu ses yeux littéralement s’allumer. Des chats ont miaulés et se sont enfuis. J’avais préparé une suite pour enfoncer le clou. J’avais emprunté la Porsche de Michel et j’avais acheté un disque de country mais j’ai senti à ce moment là que je n’avais plus qu’à sortir ma bite. J’avais envie de jouer, alors je l’ai ramené chez elle.

Sur le divan, j’ai commencé à la déshabiller, puis je l’ai transportée dans la chambre où j’ai fini de me débarrasser de ses dessous de salope. J’ai profité quelques minutes de son corps de prof de fitness, j’ai un peu testé l’élasticité de son énorme bouche avec mes doigts, puis j’ai enfoncé ces mêmes doigts dans son con. Bien profondément. J’ai dessiné ces petits cercles sur la paroi interne de son pubis jusqu’à ce que sa mouille inonde la paume de ma main. Puis au moment où elle commençait à haleter je lui ai passé la langue dans le cou et murmuré à l’oreille : « tu vois que je peux te baiser quand je veux ? »

 

Puis j’ai pris mes affaires et je suis rentré en la laissant grande ouverte sur son lit. Fierté et mauvaises cicatrices d’une augmentation mammaire ont eu raison de mon excitation.

 

 

 

vendredi, 08 février 2008

Un gramme cinq

Je bois beaucoup en ce moment. J’ai souvent mes petits moments d’euphorie passagère. Chez moi, c’est toujours dans l’intimité des toilettes que cela se produit. Une blague avant d’y aller, les amis qui rient, quelques regards échangés avec des filles sur le chemin et l’anticipation du plaisir de soulager sa vessie un peu douloureuse depuis deux trois verres. En tout cas, j’arrive toujours très exalté en face de l’émaille.

Me voilà seul, à l’abri du regard des gens, la musique est étouffée, il fait humide et chaud. Si je n’étais pas en train de parler de chiottes, je dirais que tout ça me renvoie dans le ventre de ma mère. Je ricane comme un débile tout en laissant volontairement peser ma tête sur ma poitrine. Je suis tellement détendu que mon corps semble ne plus exister. Toute ma concentration est portée sur les terminaisons nerveuses de ma bite. Je deviens urètre.

Et comme à chaque fois, je pousse le plus fort possible avec cette stupide intention de faire sauter un morceau d’émaille ou d’enfoncer légèrement l’acier de la pissotière. Dois-je préciser que même Le Divin Connard n’y est jamais parvenu ? C’est avec un léger grognement que je libère le produit, parfois même avec une espèce de rire nerveux. Et puis cette poésie qui naît de petits riens. Comme ce soir où la forme du bout de ma queue se dessinait si parfaitement sur le fond blanc du réceptacle grâce à un rétro éclairage très bien étudié. Une ombre chinoise d’une précision ultime. Je n’en revenais tellement pas de voir si nettement les détails de mon gland que j’ai levé les yeux au ciel et lâché une aberration du genre : « Merci mon dieu de m’avoir doter d’une si bonne vue ».

Beaucoup plus honteux, Moritz, mon pote allemand. Je l’appelle Herr Pesse parce qu’il a la mauvaise habitude de finir les verres. Passé vingt trois heures, il boit tout ce qui contient un vieux fond d’alcool. C’est horrible. Moritz c’est la version humaine du tout à l’égout. Il lui est impossible de traverser un bar sans détours. Quand il va aux toilettes, c’est en rebondissant de table en table, comme une bille de flipper. Parfois, il finit les verres un peu trop tôt, alors que les propriétaires sont allés danser. C’est comme ça que Moritz a hérité de cette superbe cicatrice sur le coude. Forcément, avec une technique aussi infaillible, Moritz est toujours le premier à être ivre. Il ne nous reste plus qu’à nous installer confortablement sur une banquette et à regarder travailler l’artiste.

Il danse avec ce style bien particulier qu’il a mis au point quelques années plus tôt dans un night club de Stuttgart. Juste tout le temps à contre rythme. Il vaut voir ses Church’s s’agiter au non rythme de la musique pour le croire. C’est tellement invraisemblable que ça en devient une performance. Niveau drague, Moritz est très efficace. Il propose directement de l’argent. 300 dollars pour aller le sucer dans les chiottes, c’est son prix d’appel. Mais il a rarement à l’augmenter car il sait parfaitement qu’il trouvera toujours une fille pour l’accepter. Dans ce pays où la coke est très chère (300 dollars c’est justement le prix du gramme, Moritz est un très bon commercial) mais très consommée, j’ai souvent été surpris par le type de fille suivant Moritz dans les toilettes. Et puis elles regrettent rarement le deal, Moritz étant un client facile. Il n’est pas rare de les voir ressortir cinq minutes plus tard…

Il y a deux mois, la femme de Moritz a développé une MST. Bénigne mais MST quand même. Se sentant un peu coupable, Moritz a stoppé les sorties. Dans le groupe d’amis, il y avait ceux qui pensaient que Moritz était un salaud et ceux que ça faisait rire et qui regrettaient juste la présence de ce dernier. On a changé nos habitudes, nos sorties. On a rencontré ce type qui fait tout le temps la fête avec sa sœur lesbienne. On a commencé à traîner dans des clubs de gouines. Evidemment, on avait tous une petite idée derrière la tête, mais surtout il s’est avéré que les clubs lesbiens jouent de la très bonne musique et que lorsqu’on est « intronisé » par l’une d’entre elles, leur agressivité s’efface complètement. Elles ont même fait de Michel leur nouvelle mascotte adhérant complètement à sa prise de position chirurgicale. On était samedi soir je crois, lorsque j’ai aperçu la femme de Moritz en train de rouler des pelles à une petite brune. Après investigation, elle s’est révélé être une habituée du lieu et l’une des filles avec nous avait même eu l’occasion de lui bouffer la chatte pendant une after party dans un appartement. Les yeux ronds comme des billes, j’ai tendu mon téléphone à une des nanas en la priant d’aller prendre quelques clichés pour moi.

Trois jours plus tard, C’est avec une joie non dissimulée que nous observons Moritz emmener une petite brésilienne dans son cabinet particulier.