lundi, 30 juillet 2007
Huis Clos
Je suis parti pour aller mieux. Maintenant, je suis là et ça ne va toujours pas.
Je suis en enfer, même au bord d'une piscine, un cocktail à la main. Il y a toujours cette distance entre la vie et moi, moi et les autres. Mon niveau d'implication dans tout ce que je fais est d'une faiblesse déroutante. Je me fous de tout et ne me reconnais en presque rien. La légèreté dont je fais preuve n'est comprise par personne, même pas par moi. Se lasser très vite, bien entendu. Vouloir toujours plus, évidemment. Se sentir supérieur, sans doute. Et beaucoup de lacheté, absolument. Car quoi de plus efficace pour affronter l'échec qu'un total détachement? Combien de fois la nonchalance m'a tiré d'affaire? Elle est même devenue le trait dominant de mon caractère. Les filles sont intriguées parce qu'elles ne parviennent jamais à me cerner. Mais ce qui les attire au début les fait fuir ensuite. Et c'est pareil pour tout le monde, jusqu'à ma mère. Cette impossible posture, complètement grotesque, est la seule arme que j'ai pour lutter contre ma plus grande dépendance : le regard des autres. Ces autres dont je me fous mais dont j'ai tant besoin. Je les snobe pour mieux me dérober à leur jugement. Sur un bateau, dans la rue, dans un lit, mon exigeance est telle que je ne connais jamais le repos. Alors je creuse pour accentuer cette distance, et peut-être enfin trouver le calme.
La difficulté sera de ne pas trop me marginaliser et de maintenir ce semblant de vie sociale qui me permet encore de subvenir à mes besoins naturels. Plonger dans les autres pour y trouver une image positive de moi. Baiser donc. Ne pas trop penser à l'avenir, ne pas avoir peur.
Oublier le futur.
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