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vendredi, 22 février 2008
North Shore
La semaine a été calme. Vendredi soir, j’ai couché avec cette fille une peu insipide mais qui suçait très bien. A vrai dire, elle branlait surtout très habilement. Il y a sans doute eu dans sa vie cet homme consciencieux qui lui a appris comment marche une verge. Soir après soir, sur le canapé, sous la douche, sous les draps, il a inculqué le bon rythme à son poignet, imprimé la juste pression à sa main. Une belle éjaculation en guise de médaille. Finalement assez peu de femmes rencontrent un mentor de la branlette. La majorité d’entre elles traite notre bite comme un flacon de shampoing presque vide dont on veut extraire absolument les dernières gouttes.
Cela devrait être un passage obligé pour toutes, un rite d’initiation, le passage à l’âge adulte. Une femme qui ne sait pas utiliser une queue avec sa main ne devrait jamais se marier, se reproduire, trouver un emploi. Bien sûr, je préconise la même chose pour les hommes qui auraient omis de lire le petit manuel du roulage de bille. C’est tellement pathétique de ne pas savoir quoi faire du sexe de l’autre...
J’éjacule un peu sur son visage, un peu sur sa main, un peu sur mon ventre. Je fini d’essuyer ma queue sur sa serviette de toilette dans la salle de bain. Je dois me sentir coupable parce que je lui donne mon numéro. Je ne sais pas, peut-être inconsciemment je sais déjà que je vais revenir me faire traire. Pourtant sur le moment, j’ai envie de ne jamais la revoir. Peu importe, il y a bien longtemps que je me suis habitué à mon incohérence, je vis avec, je compose avec.
Samedi soir, je baise mon estonienne alcoolique. Elle se comporte comme une gamine de dix ans sauf qu’elle a passé la trentaine. Elle vit comme une gitane dans un appartement de trois cent mètres carrés et elle boit des bouteilles de vin rouge à cent dollars avec de la limonade parce que le vin ça a mauvais goût. Moi en tout cas, j’ai pris goût à son petit cul que je défonce une fois par semaine. Ensuite, j’attends qu’elle aille pisser, comme ça je peux regarder son postérieur et ses longues jambes bouger vers la salle de bain avec sa démarche tordue que je qualifie de « japonaise ». Je ferme toujours les yeux quand elle revient parce que je ne supporte pas sa poitrine que je qualifie d’ « inexistante ».
Dimanche, repos, je bois quelques verres avec des amis en regardant passer les bateaux dans le port. Je ne comprends pas pourquoi mon degré de tolérance avec les gens qui s’habillent mal est si faible, alors qu’après tout on ne parle que de putain de bouts de tissu. Mais c’est physique, c’est irrépressible, je ne les supporte pas. Je préfère me retrouver dans une baignoire de serpents que dans une pièce de ringards. Ce type là, avec ses fausses chaussures italiennes en cuir synthétique, il est en train de gâcher mon après-midi. Italiennes pourquoi d’ailleurs ? Parce qu’elles sont affreusement vulgaires ou parce qu’elles sont aussi longues qu’une gondole ? Faudrait qu’on redéfinisse ce qu’est une chaussure italienne. En quelques décennies, la chaussure italienne est passée du mythe à l’excuse. De la classe absolue à : « mes chaussures sont ignobles, oui mais elles sont italiennes… ». Et son costume gris clair à rayures blanches doublé de soie turquoise…Dois-je vous faire un dessin ? Si encore sa discrétion équivalait son manque de goût. Mais non, il est bruyant.
J’abandonne et je renvoie mes yeux vers l’eau, où les mouettes se disputent une frite. Le temps est magnifique, il fait chaud, nous sommes en tee-shirt. Devant nous, la baie, les buildings, les yachts, le pont. Je noie une fois de plus mes angoisses et ma colère dans l’océan, et parce que ça marche, je ne rentrerai pas.
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